Le CERMICS devient une UMR du CNRS
Le Centre d'Enseignement et de Recherche en Mathématiques et Calcul Scientifique (CERMICS) de l’École est devenu au 1er janvier 2026 une UMR (UMR 9032) sous tutelle du CNRS et rattachée à l'Institut national des sciences mathématiques et de leurs interactions (Insmi), consacrant ainsi la relation scientifique entre les deux institutions.
Un laboratoire interdisciplinaire
Depuis sa création en 1996 à la suite de la fusion du Centre d'Enseignement et de Recherche en Mathématiques (CERMA) et du CERMICS, il s’inscrit à la croisée des mathématiques, des sciences de l’ingénieur et des applications industrielles. Il se structure ses thématiques scientifiques autour de 3 pôles :
- Modélisation, analyse et simulation (avec en particulier l’analyse théorique et numérique des équations aux dérivées partielles)
- Optimisation (avec une forte composante de recherche opérationnelle à côté de l’optimisation stochastique)
- Probabilités appliquées (en particulier autour des équations différentielles stochastiques)
Ce caractère interdisciplinaire s’exprime « à la fois au sein des mathématiques, avec en particulier le mélange d’approches déterministes et stochastiques, et des sciences en général » explique Gabriel Stoltz, directeur. Cette ouverture se traduit par de nombreuses interactions et applications avec des industriels et des scientifiques d’autres champs : la chimie, la physique, la mécanique, la science des matériaux, la biologie, l’informatique, la finance, l'économie, le transport et l'énergie. « D'un point de vue méthodologique, la recherche menée au laboratoire traite souvent un problème scientifique dans sa verticalité, depuis la phase de modélisation jusqu'à la mise en œuvre pratique de solutions numériques » conclut Gabriel Stoltz.
Des liens forts avec le CNRS, consacrés par le passage en UMR
Le CERMICS entretient de nombreux liens avec les autres acteurs de la recherche : relation historique avec Inria, qui s’exprime toujours aujourd’hui via des équipes-projets communes, développement de ses collaborations avec les partenaires de l'Institut Polytechnique de Paris, et notamment avec la Fondation Mathématiques Jacques Hadamard... Les liens avec le CNRS s’incarnent à travers la fédération de recherche Bézout, créée en 2011, dont fait partie le CERMICS aux côtés du Laboratoire d'analyse et de mathématiques appliquées (LAMA) et du Laboratoire d'Informatique Gaspard-Monge (LIGM).
« La participation du CERMICS à la Fédération Bézout a permis d’ancrer le CNRS dans l’imaginaire collectif du laboratoire et de mesurer de manière concrète les bénéfices d’une association avec le CNRS », explique Gabriel Stoltz.
Pour le laboratoire, cette évolution revêt un enjeu scientifique structurant, dans un contexte d’équilibre entre recherche fondamentale et collaborations partenariales. Dans cette perspective, le statut d’UMR offre des opportunités majeures, notamment à travers le recrutement de personnels de recherche CNRS, qui permettraient de renforcer les compétences et la diversité des profils scientifiques au sein du CERMICS. Le laboratoire est un environnement propice pour les chercheuses et chercheurs CNRS de par sa taille humaine, la complémentarité des approches mathématiques qui y sont menées, et les questions scientifiques originales et riches qui émergent naturellement de ses liens forts avec la société civile et le monde socio-économique.
Le CERMICS poursuivra sur les thématiques au cœur de son activité tout en restant attentif à investir les thèmes émergents où les mathématiques jouent un rôle fondamental. Une attention particulière sera portée aux sujets de l’apprentissage machine et de l’intelligence artificielle, avec l’idée de renforcer les pôles scientifiques existants pour « développer des outils et méthodes de machine learning dans de nouveaux contextes encore relativement peu investis, comme la recherche opérationnelle, la simulation moléculaire ou la modélisation du risque. Cette nouvelle UMR sera plus généralement l’occasion de renforcer la continuité entre recherche fondamentale et recherche appliquée, les deux se nourrissant l’une de l’autre », conclut Gabriel Stoltz.
La priorité du CERMICS pour les prochaines années est de continuer sur sa trajectoire scientifique, notamment en maintenant le niveau de production scientifique au meilleur niveau international (tant en qualité qu'en quantité) ; en préservant un équilibre entre recherche académique et collaborations industrielles ; et en couvrant un large spectre d'applications dans un esprit interdisciplinaire tant au sein des mathématiques qu'au sein des sciences en général.
Gabriel Stoltz