Podcast EELISA : concevoir la transition à l’européenne en ingénierie
Cette série de podcast vise à donner la parole à des membres des communautés EELISA (enseignants-chercheurs, responsables académiques, étudiants) autour de thématiques sociétales et universitaires majeures, en particulier le rôle de l’enseignement supérieur européen face aux défis contemporains. Dans cet épisode, la parole est donnée à Thibaut Skrzypek, impliqué dans les questions de formation conjointe et de reconnaissance au sein d’EELISA, et Steve Brown, président du département Langues et Cultures autour de la thématique "Comment l’ingénierie européenne pense la transition".
Dans un contexte marqué par l’incertitude climatique, la complexité des systèmes d’infrastructures et des sociétés de plus en plus interconnectées, comment l’Europe doit-elle former ses ingénieurs de demain ? Alors que la capacité à gérer la complexité devient essentielle, le neuvième épisode de la deuxième saison du podcast EELISA explore ce que signifie réellement « accompagner la transition » dans un contexte européen.
Universités et transition écologique : à quoi formons-nous vraiment ?
Face aux enjeux de transition écologique, les universités ne sont pas de simples observatrices. Elles jouent un rôle central en façonnant les connaissances des futures générations de professionnels, en menant des recherches et en développant des solutions innovantes aux défis de durabilité. Mais les ingénieurs de demain seront-ils capables de reconstruire, d’adapter et de protéger la société ?
Pour Thibaut Skrzypek, la transition écologique transforme profondément la manière dont les ingénieurs doivent aborder leur métier.
La transition écologique n’est pas simplement un « nouveau sujet » à ajouter dans les programmes : elle modifie en profondeur la manière de prendre des décisions en ingénierie.
Aujourd’hui, les ingénieurs doivent composer avec un ensemble complexe de contraintes : carbone, ressources, biodiversité, résilience, acceptabilité sociale. Dans ce contexte, la formation en ingénierie doit préparer les étudiants non seulement à concevoir des systèmes, mais aussi à prendre des décisions éclairées intégrant des dimensions techniques, environnementales, géopolitiques et sociales.
Comme le souligne Steve Brown : les transitions ne sont pas uniquement techniques, elles sont humaines. Il existe donc une prise de conscience croissante du rôle essentiel des sciences humaines dans la formation des ingénieurs. Les ingénieurs travailleront au-delà des frontières et des cultures. Nous devons donc leur donner des outils pour mieux s’adapter, observer et écouter.
Pourquoi les diplômes conjoints sont importants pour l’Europe
Les diplômes conjoints résultent d’une coopération structurée entre plusieurs établissements d’enseignement supérieur. Ils offrent aux étudiants la possibilité de se spécialiser davantage, d’acquérir une expérience internationale et de développer des profils interdisciplinaires uniques.
Ils permettent également aux universités de construire des programmes reposant sur des cursus, des objectifs pédagogiques et des responsabilités académiques partagés. À ce titre, ils contribuent à structurer un espace européen de l’enseignement supérieur plus intégré.
Les diplômes conjoints sont un moyen de construire un véritable écosystème éducatif européen, non seulement par la mobilité, mais aussi grâce à des programmes, des objectifs pédagogiques, des valeurs et des mécanismes d’assurance qualité communs.
Ces initiatives peuvent prendre différentes formes : des programmes intégrés conçus collectivement dès le départ, ou l’intégration progressive de dimensions européennes dans des diplômes existants, permettant à un plus grand nombre d’étudiants de bénéficier d’une expérience internationale.
D’un point de vue culturel, elles influencent également la manière dont les étudiants perçoivent leur formation.
Pour Steve Brown, les diplômes conjoints offrent une opportunité enrichissante de découvrir différentes approches de l’ingénierie selon les cultures. C’est apprendre dans plusieurs cultures académiques, accéder à différentes façons de penser, de débattre et de travailler... les étudiants doivent être prêts à s’ouvrir, à être réceptifs à l’autre, et les étudiants locaux doivent également accueillir ces “extérieurs”.
Former des ingénieurs pour accompagner les transitions ne se limite pas à l’excellence technique. Cela nécessite une coopération européenne, des parcours de formation partagés et la capacité de travailler entre cultures et disciplines. Les diplômes conjoints et les initiatives collaboratives offrent une voie concrète pour construire cet espace commun, où les étudiants apprennent au croisement de plusieurs traditions académiques tout en répondant à des défis sociétaux partagés.
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